Textes et chants de Julos Beaucarné

 

Lettre à Kissinger par Julos Beaucarné

j’veux te raconter Kissinger
l’histoire d’un de mes amis
son nom ne te dira rien

il était chanteur au Chili

ça se passait dans un grand stade
on avait amené une table
mon ami qui s’appelait Jara
fut amené tout près de là

on lui fit mettre la main gauche
sur la table et un officier
d’un seul coup avec une hache
les doigts de la gauche a tranché

d’un autre coup il sectionna
les doigts de la dextre et Jara
tomba tout son sang giclait
6000 prisonniers criaient

l’officier déposa la hache 

il s’appelait p’t’être Kissinger
il piétina Victor Jara
chante dit-il tu es moins fier

levant les mains vides des doigts
qui pinçaient hier la guitare
Jara se releva doucement
faisons plaisir au commandant

il entonna l’hymne de l’U
de l’unité populaire
repris par les 6000 voix
des prisonniers de cet enfer

une rafale de mitraillette
abattit alors mon ami
celui qui a pointé son arme
s’appelait peut-être Kissinger

Cette histoire que j’ai racontée
Kissinger ne se passait pas
en 42 mais hier
en septembre septante trois

 

https://www.youtube.com/watch?v=D2RcifT7LSU

 


Malik par Julos Beaucarné

Dans la nuit du 5 au 6 décembre 86 au 20 rue Monsieur
Leprince, un jeune homme nommé Malik a été tabassé à
mort.
Une voix dit: plus jamais ça.
La poésie n’est pas que belle, elle est rebelle. 

Il y a des centaines de silences qui assassinent pendant des
siècles et des siècles.
Nos oreilles sont là pour nous tenir éveillés.
Il y a des réveils-matin qui sonnent comme des clairons;
y’en a peu qui chantent comme des berceuses.

 

Matin de Mai par Julos Beaucarné

Comment dire mon vague à l’âme
En ce beau matin de mai,
Le brouillard doucement surnage,
Etirant le paysage
Au-dessus des prés.

Comment dire mélancolie
Quand le cœur est labouré,
Quand les portes de la vie
Semblent s’être refermées.

Souvenir de beaux visages
A tout jamais éloignés,
Eloignés les paysages
Où des fantômes surnagent
Sous des horloges arrêtées.

Secret, secret, parentage
Secrètes affinités,
Sans avoir même le même âge, 


L’entier et le grand partage
Que le temps gomme et défait.

Le train des amours s’éloigne,
Un bras s’agite et paraît
En place la secrète lame
Qui patiente, taraude l’âme
Jusqu’à plus jamais.

Des toujours et des peut-être,
Dans le beau temps du mois de mai
Fais ce qu’il te plaît pour naître,
Car à force de disparaître
Ta présence est décuplée.

Le préposé à l’attente
Suppose toujours que rentre
Par hasard, un matinet,
Une matineuse belle
Qui arrive et qui l’éveille
Avec ses doigts de soleil.

Horloge des espérances,
Tes rouages sont compliqués,
Pourquoi souligner l’absence
En poussant tes heures lentes
Dans le trou béant du passé.

La dormeuse dans sa chambre
N’entend plus la voix du clocher,
Un sommeil profond la hante,
Mange les heures étranges,
Coupe en tranches son passé.

 

http://www.jukebox.fr/julos-beaucarne/clip,matin-de-mai,xufkpk.html

 

 

 

 

Poème de Francis Carco

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