Un été à quatre mains

un été à quatre mains

Dans ce bref, mais intense roman, il fait 87 pages, Gaëlle Josse, qui connaît bien la musique de Schubert, imagine un amour très fort entre le compositeur et une jeune fille de la haute aristocratie viennoise, Caroline Esterhazy.

L’histoire se déroule sur une période de cinq mois, pendant l’été 1824. Franz Schubert passera ce temps au château de Zseliz, en Hongrie, où il espère trouver le calme nécessaire à la composition d’une grande oeuvre. C’est son deuxième séjour au château, il enseigne la musique aux deux sœurs Esterhazy. Mais Schubert, qui est gauche, maladroit, timide, aura beaucoup de mal à trouver sa place dans ce milieu qui lui est totalement étranger. Caroline, 19 ans, est la seule dont il se sent proche. Sa mère est très inquiète pour son avenir. Caroline est très réservée. Schubert et elle se ressemblent.

 

Dans ce magnifique roman, nous avons retrouvé la sensibilité de Gaëlle Josse, tant appréciée dans le dernier gardien d’Ellis Island. Elle nous fait partager son attirance pour la musique de Schubert et nous donne envie d’aller plus loin, de lire d’autres textes sur le sujet. Elle nous dresse un portrait très attachant du musicien.

Nous avons été très touchée par son écriture poétique. Gaëlle Josse est, en effet, arrivée à l’écriture par la poésie et le lecteur le ressent bien.

 

Une belle découverte une fois de plus. Un roman pour les amoureux de la musique, de la poésie. Si vous ne l’avez pas encore lu, précipitez-vous.

 

Mots-clés

Sensibilité

Musique

Poésie

Émotions

 

Extrait

 »    La soirée suit son cours. Il a déjà joué, chanté, comme ont joué et chanté Caroline et Marie. Leur duo a été particulièrement applaudi. Il reste à donner le morceau le plus attendu, qui conclura la soirée, ce divertissement à quatre mains qu’il travaille avec sa jeune élève. Tellement heureux à l’idée de l’entendre encore, avec son joli toucher sensible.

Ils jouent, et pour Franz, le temps s’arrête. Les croisements de mains multipliés sont propices aux frôlements. Il ne peut renoncer à s’enivrer de ce tendre trouble lorsqu’il effleure le bras ou la main de sa partenaire. Caroline joue, concentrée, heureuse, les joues rosies par la chaleur, l’attention, l’émotion. Elle a affronté sans difficulté le passage qu’elle redoutait tant. Son corps se détend, son jeu se libère. A la dernière note, les applaudissements de tous éclatent avec enthousiasme.

Eux sont encore assis et clignent des yeux comme au sortir d’un rêve. Le visage grave et doux de Caroline irradie de joie. Elle a laissé sa main tiède et légère sur celle de Franz, posée, comme abandonnée. » p.73, 74.

 

Entretien avec 

Gaëlle Josse

Gaëlle Josse

Vous êtes l’auteur de…..

Plusieurs recueils de poésie et des romans, ce sont les Heures silencieuses, Nos vies désaccordées, Noces de neige, Le dernier gardien d’Ellis Island, l’Ombre de nos nuits. De vives voix est quant à lui un ensemble de fragments sur la voix.

Par ailleurs, j’ai deux textes qui paraissent ces jours ci, le 21 mars, Vermeer, entre deux songes, http://www.invenit.fr/produit/vermeer-entre-deux-songes/ ,un très beau livre-objet, très soigné, une rencontre un auteur et un tableau, vu sous un angle très personnel, intime, que je dois aux Éditions Invenit.

Le 23 mars, c’est un court roman, Un été à quatre mains, aux Ateliers Henry Dougier, http://nouveautes-editeurs.bnf.fr/annonces.html?id_declaration=10000000321094&titre_livre=Un_%C3%A9t%C3%A9_%C3%A0_quatre_mains, quelques jours qui disent toute une vie, autour de Schubert, de l’âme sœur et des sentiments broyés par les conventions sociales.

Je suis infiniment heureuse que ces deux textes arrivent maintenant jusqu’aux lecteurs.

Pouvez-vous me décrire votre parcours ?

Je suis diplômée en droit, en journalisme et en psychologie clinique, j’ai toujours travaillé dans le secteur de la presse et de la communication. L’écriture est arrivée assez tard dans ma vie, et par la poésie, vers la quarantaine, si on excepte quelques notes, carnets épars, et les essais poétiques de l’adolescence.

Écrivez-vous en ce moment , pouvez-vous m’en dire quelques mots ?

Oui, je suis entrée dans la phase des nombreuses (voire innombrables !) relectures d’un prochain roman. Une histoire âpre, tendue, autour du vide de l’attente, de la survie devant la perte, de la figure maternelle, avec des personnages qui me bousculent beaucoup. C’est certainement le texte qui m’aura donné le plus de mal à écrire !

Depuis quand écrivez-vous?

Mon premier recueil de poésie a été publié en 2005, et mon premier roman en 2011…

Écrivez-vous chaque jour ?

Non, pas du tout, mais l’écriture est aussi, pour une grande part, une activité, une construction mentale, qui, elle, ne cesse jamais. Il y a un inconscient au travail, non stop si je puis dire…Écrire, pour moi, c’est accueillir tout ce travail invisible parvenu à maturité, ce trop-plein qui à un moment, demande à glisser du cerveau au bout des doigts, stylo ou souris…Je n’écris que si j’ai quelque chose à écrire, jamais je ne me dis « je dois m’y mettre », ce serait la meilleure façon que je sois bloquée !

Êtes-vous auteur à plein temps ou avez-vous une autre activité ?

Je tiens à garder une activité professionnelle, que j’exerce à temps partiel, c’est pour moi une garantie de liberté, cela me permet d’écrire ce que je souhaite, comme et quand je le souhaite, et de ne pas me mettre en situation d’attente, d’angoisse par rapport à la réception d’un livre, sur un plan financier. Je trouve essentiel de continuer à être dans la vie, dans les relations avec autrui, dans le mouvement, dans l’imprévu, dans les rencontres, de ne pas s’enfermer en « devant » écrire, parce que ce serait devenu une nécessité économique. C’est la vie qui nourrit l’écriture, avant toute chose.

Aimez-vous lire? Si oui, qu’aimez-vous lire ?

Depuis que je sais lire, je lis passionnément, compulsivement, avec une insatiable curiosité, et je crois que cette appétence proche de l’addiction va chaque jour grandissant…Roman, poésie, fragments, carnets… J’ai un faible pour les textes un peu atypiques, inclassables, difficiles à enfermer dans une catégorie, ce sont souvent des écrits très libres, très personnels, très forts, hors normes et hors formes. Et si j’aime être embarquée, emportée dans un roman, je m’aperçois que j’ai de plus en plus d’attrait pour ces chemins littéraires de traverse.

Que lisez-vous en ce moment ?

Je viens de terminer le Petit éloge des fantômes, de Nathacha Appanah, étonnant sujet, et superbes évocations très personnelles autour de ce thème inattendu, avec l’immense finesse qui est la sienne, et son écriture, si juste, si belle. Terminé aussi l’exceptionnel Dimanche des mères, de Jonathan Wsift, il faut absolument le lire ; le 3ème tome d’Elena Ferrante, impressionnante fresque psychologique et sociale qui m’a séduite, Yak Valley, Montana, un premier roman américain, âpre et fort, très impressionnant, Miel et vin, un très beau roman de Myriam Chirousse, qui nous emporte dans le fleuve de la Révolution, de la fin d’un monde et auprès des beaux personnages, complexes et attachants, et bien d’autres qui ne me viennent pas à l’esprit. Ah, si ! Je viens de relire La petite lumière, d’Antonio Moresco, et de découvrir Soie, d’Alessandro Baricco. Deux formes brèves, deux merveilles.….

Quel est le livre qui vous a le plus marqué(e) ?

Il y en a tant ! Les lectures adolescentes restent très présentes, finalement, il me semble ; quand on pose cette question. La chute, de Camus, cette confession lors de laquelle un personnage se déconstruit peu à peu et parvient à son moment de vérité, le souffle halluciné, le torrent du Voyage, de Céline, la musique unique de Marguerite Duras, celle du Barrage sur le Pacifique, la beauté puissante des Mémoires d’Hadrien, le fascinant Moby Dick, de Melville, Au coeur des ténèbres, de Conrad….

Quel livre auriez-vous aimé écrire ?

Tous ceux que j’ai aimés, bien sûr ! Par exemple, Tous les matins du monde, de Pascal Quignard, Gatsby, Lambeaux de Charles Juliet ou Une chambre à soi de Virginia Woolf….

Avez-vous envie de dire quelque chose à vos lecteurs ou futurs lecteurs ?

Simplement que je suis comblée lorsqu’on me dit que l’un de mes livres les a émus, touchés, interpellés, bouleversés. C’est pour cela que j’écris, et rien d’autre.

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