Entretien avec Gaëlle Josse

Gaëlle Josse

Vous êtes l’auteur de…..

Plusieurs recueils de poésie et des romans, ce sont les Heures silencieuses, Nos vies désaccordées, Noces de neige, Le dernier gardien d’Ellis Island, l’Ombre de nos nuits. De vives voix est quant à lui un ensemble de fragments sur la voix.

Par ailleurs, j’ai deux textes qui paraissent ces jours ci, le 21 mars, Vermeer, entre deux songes, http://www.invenit.fr/produit/vermeer-entre-deux-songes/ ,un très beau livre-objet, très soigné, une rencontre un auteur et un tableau, vu sous un angle très personnel, intime, que je dois aux Éditions Invenit.

Le 23 mars, c’est un court roman, Un été à quatre mains, aux Ateliers Henry Dougier, http://nouveautes-editeurs.bnf.fr/annonces.html?id_declaration=10000000321094&titre_livre=Un_%C3%A9t%C3%A9_%C3%A0_quatre_mains, quelques jours qui disent toute une vie, autour de Schubert, de l’âme sœur et des sentiments broyés par les conventions sociales.

Je suis infiniment heureuse que ces deux textes arrivent maintenant jusqu’aux lecteurs.

Pouvez-vous me décrire votre parcours ?

Je suis diplômée en droit, en journalisme et en psychologie clinique, j’ai toujours travaillé dans le secteur de la presse et de la communication. L’écriture est arrivée assez tard dans ma vie, et par la poésie, vers la quarantaine, si on excepte quelques notes, carnets épars, et les essais poétiques de l’adolescence.

Écrivez-vous en ce moment , pouvez-vous m’en dire quelques mots ?

Oui, je suis entrée dans la phase des nombreuses (voire innombrables !) relectures d’un prochain roman. Une histoire âpre, tendue, autour du vide de l’attente, de la survie devant la perte, de la figure maternelle, avec des personnages qui me bousculent beaucoup. C’est certainement le texte qui m’aura donné le plus de mal à écrire !

Depuis quand écrivez-vous?

Mon premier recueil de poésie a été publié en 2005, et mon premier roman en 2011…

Écrivez-vous chaque jour ?

Non, pas du tout, mais l’écriture est aussi, pour une grande part, une activité, une construction mentale, qui, elle, ne cesse jamais. Il y a un inconscient au travail, non stop si je puis dire…Écrire, pour moi, c’est accueillir tout ce travail invisible parvenu à maturité, ce trop-plein qui à un moment, demande à glisser du cerveau au bout des doigts, stylo ou souris…Je n’écris que si j’ai quelque chose à écrire, jamais je ne me dis « je dois m’y mettre », ce serait la meilleure façon que je sois bloquée !

Êtes-vous auteur à plein temps ou avez-vous une autre activité ?

Je tiens à garder une activité professionnelle, que j’exerce à temps partiel, c’est pour moi une garantie de liberté, cela me permet d’écrire ce que je souhaite, comme et quand je le souhaite, et de ne pas me mettre en situation d’attente, d’angoisse par rapport à la réception d’un livre, sur un plan financier. Je trouve essentiel de continuer à être dans la vie, dans les relations avec autrui, dans le mouvement, dans l’imprévu, dans les rencontres, de ne pas s’enfermer en « devant » écrire, parce que ce serait devenu une nécessité économique. C’est la vie qui nourrit l’écriture, avant toute chose.

Aimez-vous lire? Si oui, qu’aimez-vous lire ?

Depuis que je sais lire, je lis passionnément, compulsivement, avec une insatiable curiosité, et je crois que cette appétence proche de l’addiction va chaque jour grandissant…Roman, poésie, fragments, carnets… J’ai un faible pour les textes un peu atypiques, inclassables, difficiles à enfermer dans une catégorie, ce sont souvent des écrits très libres, très personnels, très forts, hors normes et hors formes. Et si j’aime être embarquée, emportée dans un roman, je m’aperçois que j’ai de plus en plus d’attrait pour ces chemins littéraires de traverse.

Que lisez-vous en ce moment ?

Je viens de terminer le Petit éloge des fantômes, de Nathacha Appanah, étonnant sujet, et superbes évocations très personnelles autour de ce thème inattendu, avec l’immense finesse qui est la sienne, et son écriture, si juste, si belle. Terminé aussi l’exceptionnel Dimanche des mères, de Jonathan Wsift, il faut absolument le lire ; le 3ème tome d’Elena Ferrante, impressionnante fresque psychologique et sociale qui m’a séduite, Yak Valley, Montana, un premier roman américain, âpre et fort, très impressionnant, Miel et vin, un très beau roman de Myriam Chirousse, qui nous emporte dans le fleuve de la Révolution, de la fin d’un monde et auprès des beaux personnages, complexes et attachants, et bien d’autres qui ne me viennent pas à l’esprit. Ah, si ! Je viens de relire La petite lumière, d’Antonio Moresco, et de découvrir Soie, d’Alessandro Baricco. Deux formes brèves, deux merveilles.….

Quel est le livre qui vous a le plus marqué(e) ?

Il y en a tant ! Les lectures adolescentes restent très présentes, finalement, il me semble ; quand on pose cette question. La chute, de Camus, cette confession lors de laquelle un personnage se déconstruit peu à peu et parvient à son moment de vérité, le souffle halluciné, le torrent du Voyage, de Céline, la musique unique de Marguerite Duras, celle du Barrage sur le Pacifique, la beauté puissante des Mémoires d’Hadrien, le fascinant Moby Dick, de Melville, Au coeur des ténèbres, de Conrad….

Quel livre auriez-vous aimé écrire ?

Tous ceux que j’ai aimés, bien sûr ! Par exemple, Tous les matins du monde, de Pascal Quignard, Gatsby, Lambeaux de Charles Juliet ou Une chambre à soi de Virginia Woolf….

Avez-vous envie de dire quelque chose à vos lecteurs ou futurs lecteurs ?

Simplement que je suis comblée lorsqu’on me dit que l’un de mes livres les a émus, touchés, interpellés, bouleversés. C’est pour cela que j’écris, et rien d’autre.

 

4èmes de couverture:

Les heures silencieuses

Magdalena est l’épouse de Pieter van Beyeren, administrateur de la Compagnie néerlandaise des Indes orientales. Issue d’une famille de riches armateurs, Magdalena est rigoureuse, soucieuse d’ordre et d’économie, maîtresse d’elle-même et de son foyer. Elle aurait pu succéder à son père si le commerce n’était réservé aux hommes, et la place des femmes à la maison. C’est sur un espace intérieur qu’elle semble s’être repliée.
Intérieur où elle s’est fait représenter vue de dos, à son clavecin, près d’une fenêtre éclairant une enfilade de pièces qui respirent le calme, dans un tableau au charme presque irréel peint par un artiste du temps, Emanuel de Witt.
Ce décor a ses secrets, que livre le journal intime de Magdalena. Sa déception de n’avoir pu succéder à son père, née sans héritier mâle. Sa rencontre avec Pieter. Toutes les failles intimes de son existence. Un souvenir qui l’oppresse, emplit ses nuits d’angoisse: le meurtre dont elle a été
témoin, enfant. Et d’autres infortunes autour d’elle. Sa sœur Judith, qui se morfond de ne pouvoir enfanter. Ses filles,
Catherina et Elisabeth, pour lesquelles Magdalena songe à des mariages délicats à arranger. Enfin, son propre sort en tant qu’épouse, quand Pieter décide brutalement de renoncer à tout commerce de chair avec elle, pour ne pas risquer encore une fois de la perdre en couches. A ces inquiétudes
personnelles se mêle le récit des efforts d’une famille d’armateurs pour conserver le bien-être.

Nos vies désaccordées

« Avec Sophie, j’ai tout reçu, et tout perdu. Je me suis cru invincible. Je nous ai crus invincibles. Jamais je n’ai été aussi désarmé qu’aujourd’hui, ni plus serein peut-être. »

François Vallier, jeune pianiste célèbre, découvre un jour que Sophie, qu’il a aimée passionnément puis abandonnée dans des circonstances dramatiques, est internée depuis plusieurs années. Il quitte tout pour la retrouver.
Confronté à un univers inconnu, il va devoir se dépouiller de son personnage, se regarder en face. Dans ce temps suspendu, il va revivre jusqu’au basculement on histoire avec Sophie, artiste fragile et imprévisible.
La musique de nos vies parfois nous échappe. Comment la retrouver?

Noces de neige 

Irina sait qu’elle a menti. Un peu. Rien de très grave. Mais menti quand même. Certes, elle a bien vingt-six ans. Mais elle n’a jamais travaillé au Grand Café Pouchkine, comme elle l’a écrit à Enzo.
Elles sont des centaines à rêver d’une autre vie. Mais pour Irina, rêver ne suffit pas. De Moscou, le Riviera Express doit la conduire à Nice, jusqu’à Enzo. Elle est prête à saisir sa chance. N’importe quelle chance. Mais sait-on vraiment ce qui nous attend?
Irina n’a jamais entendu parler d’Anna Alexandrovna, jeune aristocrate russe, ni de son long voyage en train, en sens inverse, de la côte d’Azur à Saint-Pétersbourg, un huis clos où les événements tragiques se succèdent. Qui s’en souvient?
Un siècle les sépare, et pourtant leurs histoires sont liées à jamais.

 

 

Le Dernier Gardien d’Ellis Island

New York, 3 novembre 1954. Dans quelques jours, le centre d’immigration d’Ellis Island va fermer. John Mitchell, son directeur, resté seul dans ce lieu déserté, remonte le cours de sa vie en écrivant dans un journal les souvenirs qui le hantent : Liz, l’épouse aimée, et Nella, l’immigrante sarde porteuse d’un très étrange passé. Un moment de vérité où il fait l’expérience de ses défaillances et se sent coupable à la suite d’événements tragiques. Même s’il sait que l’homme n’est pas maître de son destin, il tente d’en saisir le sens jusqu’au vertige.

À travers ce récit résonne une histoire d’exil, de transgression, de passion amoureuse, et de complexité d’un homme face à ses choix les plus terribles.

 Gaëlle Josse a reçu le prix 2015 de littérature de l’Union européenne.

L’ombre de nos nuits

Deux récits se dessinent dans L’ombre de nos nuits, avec au centre un tableau de Georges de La Tour. En 1639, plongé dans les tourments de la guerre de Trente Ans en Lorraine, le peintre crée son Saint Sébastien soigné par Irène. De nos jours, une femme, dont nous ne saurons pas le nom, déambule dans un musée et se trouve saisie par la tendresse et la compassion qui se dégagent de l’attitude d’Irène dans la toile. Elle va alors revivre son histoire avec un homme qu’elle a aimé, jusque dans tous ses errements, et lui adresser enfin les mots qu’elle n’a jamais pu lui dire. Que cherche-t-on qui se dérobe constamment derrière le désir et la passion ?

 En croisant ces histoires qui se chevauchent et se complètent dans l’entrelacement de deux époques, Gaëlle Josse met au cœur de son roman l’aveuglement amoureux et ses jeux d’ombre qui varient à l’infini.

 Après le succès du Dernier gardien d’Ellis Island, prix de littérature de l’Union européenne 2015, Gaëlle Josse poursuit avec ce cinquième roman son exploration des mystères que recèle le cœur. 

 

http://www.france3.fr/emissions/un-livre-un-jour/videos/le_dernier_gardien_dellis_island_de_gaelle_josse_notabilia_02-10-2014_904714

 

 

Gaëlle Josse

Publicités

2 réflexions au sujet de « Entretien avec Gaëlle Josse »

  1. J’avais aimé Le dernier gardien d’Ellis Island car ce lieu que j’ai visité à deux reprises me bouleverse. J’ai rencontré Gaëlle Josse à l’occasion de la présentation de L’Ombre de nos nuits. J’ai beaucoup aimé l’histoire de l’artiste, celle de son apprenti, un peu moins le 3e volet, son histoire d’amour d’aujourd’hui.

    J'aime

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s