Laura Alcoba

alcoba-laura-jean-baptiste-millot_gallimard-2013-07-2Un programme de lecture qui s’allonge.

Manèges (2007)

«Maintenant, nous allons vivre dans la clandestinité, voilà exactement ce que ma mère a dit. Pour la trappe dans le plafond, je ne dirai rien, même si on venait à me faire très mal. Je n’ai que sept ans mais j’ai compris à quel point il est important de se taire.» Plus de trente ans ont passé. Mais la narratrice se souvient encore des heures noires de la dictature en Argentine. Elle nous les raconte à hauteur d’enfant. En espérant enfin oublier un peu.

Le bleu des abeilles (2013)

«Devant le miroir de la salle de bains, je m’entraîne à prononcer des mots compliqués, avec plein de r, des g et des s entre deux voyelles qui font comme des chatouilles au niveau du palais. Je m’entraîne aussi à prononcer à toute allure des mots avec des u, et même des u tout seuls que je fais durer le plus longtemps possible.» À dix ans, l’héroïne quitte l’Argentine de Videla pour rejoindre sa mère réfugiée en France tandis que son père est emprisonné à La Plata. À la dure réalité de l’exil se mêle bientôt l’enthousiasme de la découverte d’un pays et d’une langue. Un récit raconté à hauteur d’enfant, acidulé, joyeux et profondément touchant.

La danse de l’araignée (2017)

« Bavarder entre la banlieue parisienne et la prison argentine où se trouve mon père, c’est un peu comme du tir à l’arc – avec de l’exercice et un peu d’application, on arrive à atteindre le point de mire, l’endroit précis du calendrier où nous nous sommes donné rendez-vous. Il faut juste me laisser le temps de glisser ma nouvelle petite clé dans la boîte aux lettres métallique, attendre que je déchire l’enveloppe. Voilà, j’y suis ». On retrouve dans La danse de l’araignée la tonalité légère et acidulée qui faisait tout le charme de Manèges – la jeune narratrice racontait alors son enfance en Argentine au temps de la dictature – comme du Bleu des abeilles, qui retraçait son arrivée en banlieue parisienne et l’apprentissage émerveillé de la langue française. Ici, c’est le temps de l’adolescence qui est évoqué. Ses bouleversements troublants et la correspondance régulière avec le père emprisonné tissent une toile subtile où présent, passé et imaginaire prennent tour à tour le dessus.

 

 

 

 

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