Embarquement immédiat pour un tour du monde

Les Etats-Unis

JE ME SOULÈVE ENCORE

Vous pouvez me rabaisser aux yeux de l’histoire
Avec vos mensonges tordus et amers
Vous pouvez me traîner dans la boue
Mais comme la poussière, je me soulèverai
Est-ce que mon bonheur vous dérange ?
Pourquoi vous assombrir tant parce que je ris
Comme si j’avais trouvé un puits de pétrole
Au beau milieu de mon salon ?

Vous pouvez bien me fusiller avec vos mots
Me lacérer avec vos yeux Je me soulèverai
Je me soulèverai Je me soulèverai
M’extirpant des taudis honteux de l’histoire
Hors d’un passé enraciné dans la douleur
Je me soulèverai Je me soulèverai
Je me soulèverai Soulèverai Soulèverai

Vous voudriez me voir brisé
Tête inclinée, les yeux baissés
Épaules
tombantes comme des larmes
Affaibli par des pleurs déchirants
Est-ce que mon assurance vous dérange ?
Cela vous est-il pénible de me voir marcher
Comme si j’avais trouvé une mine de diamants
Au beau milieu de mon jardin ?

Vous pouvez bien me fusiller avec vos mots
Me lacérer avec vos yeux Je me soulèverai
Je me soulèverai Je me soulèverai Soulèverai Soulèverai
M’extirpant des taudis honteux de l’histoire
Hors d’un passé enraciné dans la douleur
Je me soulèverai Je me soulèverai
Je me soulèverai Soulèverai Soulèverai

Vous pouvez me rabaisser aux yeux de l’histoire
Avec vos mensonges tordus et amers
Vous pouvez me traîner dans la boue
Mais comme la poussière, je me soulèverai
Est-ce que mon bonheur vous dérange ?
Pourquoi vous assombrir tant parce que je ris
Comme si j’avais trouvé une mine d’or
Au beau milieu de mon salon ?

Vous pouvez bien me fusiller avec vos mots
Me lacérer avec vos yeux Je me soulèverai
Je me soulèverai Je me soulèverai
Soulèverai Soulèverai
M’extirpant des taudis honteux de l’histoire
Hors d’un passé enraciné dans la douleur
Je me soulèverai Je me soulèverai
Je me soulèverai Soulèverai
Soulèverai Vous pouvez bien me fusiller avec vos mots
Me lacérer avec vos yeux Je me soulèverai
Je me soulèverai Je me soulèverai
Soulèverai Soulèverai

Poème de Maya Angelou. And Still I Rise

Traduit par Emmanuel Rivet et Christine Lenor-Drake

Prière iroquoise

 « Nous rendons grâces à notre mère, la terre, qui nous soutient. Nous rendons grâces aux rivières et aux ruisseaux qui nous donnent l’eau. Nous rendons grâces à toutes les plantes qui nous donnent les remèdes contre nos maladies. Nous rendons grâces au maïs et à ses sœurs les fèves et les courges, qui nous donnent la vie. Nous rendons grâces aux haies et aux arbres qui nous donnent leurs fruits. Nous rendons grâces au vent qui remue l’air et chasse les maladies. Nous rendons grâces à la lune et aux étoiles qui nous ont donné leur clarté après le départ du soleil. Nous rendons grâces à notre grand-père Hé-No, pour avoir protégé ses petits enfants des sorcières et des reptiles, et nous avoir donné sa pluie. Nous rendons grâces au soleil qui a regardé la terre d’un œil bienfaisant. Enfin, nous rendons grâces au Grand Esprit en qui s’incarne toute bonté et qui mène toutes choses pour le bien de ses enfants. 

 « Nos mœurs sont différentes des vôtres. La rue de vos villes fait mal aux yeux de l’homme rouge. Mais peut-être est-ce parce que l’homme rouge est un sauvage et ne comprend pas. 

Il n’y a pas d’endroit paisible dans les villes de l’homme blanc. Pas d’endroit pour entendre les feuilles se dérouler au printemps ou le froissement d’aile d’un insecte. Mais peut-être est-ce parce que je suis un sauvage et ne comprends pas. 

Le vacarme semble seulement insulter les oreilles. Quel intérêt y a-t-il à vivre si l’homme ne peut entendre le cri solitaire de l’engoulevent ou les palabres des grenouilles autour d’un étang la nuit ? Je suis un homme rouge et je ne comprends pas.  

L’Indien préfère le son doux du vent s’élançant comme une flèche à la surface d’un étang, et l’odeur du vent lui-même, lavé par la pluie de midi, ou parfumé par le pin pignon. L’air est précieux à l’homme rouge car toutes choses partagent le même souffle : la bête, l’arbre, l’homme, tous partagent le même souffle. » 

 Attribué au chef Seattle (1786-1866) 

Walt Whitman, né le 31 mai  1819 à Long Island  et mort le 26 mars 1892, à Camden, est un poète et humaniste américain. Son chef-d’œuvre est, sans conteste, son recueil de poèmes Feuilles d’herbes (Leaves of Grass).

Ne fermez pas vos portes

Ne fermez pas vos portes, orgueilleuses bibliothèques,
Car ce qui manquait sur vos rayons bien remplis, mais dont on
a bien besoin, Je l’apporte,
Au sortir de la guerre, j’ai fait un livre
Les mots de mon livre, rien; son âme, tout;
Un livre isolé, sans attache, avec les autres, point senti avec l’entendement.
Mais à chaque page, vous allez tressaillir de choses qu’on n’a pas dites.

Walt Whitman, Feuilles d’herbes (Traduction de Jules Laforgue)

Lance Henson  est né en 1944 en Oklahoma. Il est Cheyenne.

Jour d’hiver près de Calumet

le gel a épaissi
sur la grille
des nuages gris traversent
le champ dans le
ciel de janvier

des morceaux de fourrure brune
sont accrochés au
bois près de la remise

des anciens sont
passés là

Lance Henson 

Chant des Indiens d’Amérique du Nord

 

les eaux sont calmes

le brouillard s’élève

parfois

j’apparais

 

sur le cercle du ciel

gouttes humides

le visage du manido

apparaît

 

le son de l’eau

coule

vers ma tente

 

les lignes

vibrantes

du son

coulent

jusqu’à mon cœur

 

une source bouillonnante

jaillit du sol dur

une source

 

la course

de l’eau

Le Chili

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L’enfance d’un très grand poète

Le rêveur de Pam Muñoz Ryan

Illustré par Peter Sis

Ce roman est l’œuvre de l’auteure latino américaine Pam Muñoz Ryan, née en Californie, en 1951, auteure de nombreux romans jeunesse. Un des plus connus est Les roses du Mexique.

Le rêveur est un roman de littérature jeunesse, mais pas que. Il s’adresse, tout aussi bien, à des adultes amoureux des mots, qui laissent vagabonder leur imagination.

« Lecteur, ce livre est pour toi.

Va te promener

dans cet espace infini qui se situe

entre l’âme et le firmament.

Je t’y attends. »

PMR

Le rêveur nous conte l’histoire émouvante de Neftali qui, plus tard, deviendra le grand Pablo Neruda. C’est un enfant bègue, timide, qui collectionne les mots sur des papiers qu’il conserve au fond d’un tiroir. Neftali est rêveur et conserve toutes sortes d’objets trouvés dans la nature. Sa personnalité ne plaît pas du tout à son père, tyrannique, qui voudrait le voir devenir médecin ou dentiste.

Le rêveur est un magnifique roman, plein de poésie, de sensibilité. L’objet livre en lui-même est superbe, élégant, écrit à l’encre verte (¨Pablo Neruda écrivait ses poèmes en vert), joliment illustré. A la fin du roman, les notes de l’auteure nous donnent des informations sur le poète. Les notes sont suivies de quelques poèmes de Neruda.

Pour tous les amoureux des mots. Pour ceux qui aiment les histoires joliment contées, qui nous entraînent vers de nouveaux horizons.

A découvrir absolument.

Mots-clés

Imagination

Poésie

Mots

Émotions

Collections

Je suis la poésie

Je suis la poésie

en quête de poète.

Je pose des questions auxquelles se prêtent

toutes les réponses.

Je ne choisis personne.

Je choisis tout le monde.

Approche-toi…

…si tu oses.

Je suis la poésie,

tapie dans l’ombre mouchetée de lumière.

Je suis l’entrelacs des racines

et la branche noueuse.

Je suis la symétrie de l’insecte,

de la feuille,

et de l’oiseau aux ailes déployées.

Je suis la poésie

sillonnant le grand bleu,

appâtant mes proies

avec des poissons, des coquillages et du ciel.

A travers les paupières de l’océan,

je cherche un cœur sans méfiance.

Regarde.

Regarde-moi.

Je suis la poésie

encerclant le rêveur.

Toujours présente,

je capture l’esprit,

je dompte le stylo

et deviens la brise qui souffle

sur l’unique chemin de l’écrivain.

Pam Muñoz Ryan

 

LA POÉSIE 

Et ce fut à cet âge… La poésie
vint me chercher. Je ne sais pas, je ne sais d’où elle surgit, de l’hiver ou du fleuve.
Je ne sais ni comment ni quand,
non, ce n’étaient pas des voix, ce n’étaient pas
des mots, ni le silence :
d’une rue elle me hélait,
des branches de la nuit,
soudain parmi les autres,
parmi des feux violents
ou dans le retour solitaire,
sans visage elle était là
et me touchait.
Je ne savais que dire, ma bouche
ne savait pas
nommer,
mes yeux étaient aveugles,
et quelque chose cognait dans mon âme,
fièvre ou ailes perdues,
je me formai seul peu à peu,
déchiffrant
cette brûlure,
et j’écrivis la première ligne confuse,
confuse, sans corps, pure
ânerie,
pur savoir
de celui-là qui ne sait rien,
et je vis tout à coup
le ciel
égrené
et ouvert,
des planètes,
des plantations vibrantes,
l’ombre perforée,
criblée
de flèches, de feu et de fleurs,
la nuit qui roule et qui écrase, l’univers.
Et moi, infime créature,
grisé par le grand vide
constellé,
à l’instar, à l’image
du mystère,
je me sentis pure partie
de l’abîme,
je roulai avec les étoiles,
mon cœur se dénoua dans le vent. 

Pablo Neruda

 

 

 

Le Québec

 

Érable rouge

Dans le vent qui les tord les érables se plaignent,
Et j’en sais un, là-bas, dont tous les rameaux saignent !

Il est dans la montagne, auprès d’un chêne vieux,
Sur le bord d’un chemin sombre et silencieux.

L’écarlate s’épand et le rubis s’écoule
De sa large ramure au bruit frais d’eau qui coule.

Il n’est qu’une blessure où, magnifiquement,
Le rayon qui pénètre allume un flamboiement !

Le bel arbre ! On dirait que sa cime qui bouge
A trempé dans les feux mourants du soleil rouge !

Sur le feuillage d’or au sol brun s’amassant,
Par instant, il échappe une feuille de sang.

Et quand le soir éteint l’éclat de chaque chose,
L’ombre qui l’enveloppe en devient toute rose !

La lune bleue et blanche au lointain émergeant,
Dans la nuit vaste et pure y verse une eau d’argent.

Et c’est une splendeur claire que rien n’égale,
Sous le soleil penchant ou la nuit automnale !

Albert Lozeau (1878-1924)

Poète québécois

 

 

Maria Chapdelaine de Louis Hémon

 

Résumé Babelio:

Cette célèbre évocation du Québec traditionnel au début du 20e siècle compte plus de 150 éditions traduites en 25 langues. Adapté plusieurs fois au cinéma – on se souvient de l’interprétation de Carole Laure dans le rôle de Maria – ce drame mettant en scène la vie pittoresque et courageuse des pionniers canadiens français est publié ici pour la première fois en France dans la version originale de l’auteur. Dans un petit village du Lac Saint-Jean, au nord de la ville de Québec, la jeune Maria doit faire son choix entre trois prétendants : François Paradis, un jeune coureur des bois, Lorenzo Surprenant, un Canadien exilé aux Etats-Unis et Eutrope Gagnon, son voisin, défricheur comme le père de Maria. Mais un événement inattendu bouleversera l’avenir de la jeune fille. Partagée entre son amour pour son pans et la vie facile des villes, Maria devra choisir…

 

Ma maison

Je veux ma maison bien ouverte,
Bonne pour tous les miséreux.

Je l’ouvrirai à tout venant
Comme quelqu’un se souvenant
D’avoir longtemps pâti dehors,
Assailli de toutes les morts
Refusé de toutes les portes
Mordu de froid, rongé d’espoir

Anéanti d’ennui vivace
Exaspéré d’espoir tenace

Toujours en quête de pardon
Toujours en chasse de péché.

Hector de Saint-Denys Garneau (1912-1943)

COMMENT VOUS DONNER DES NOUVELLES

Dans le petit bois du bonhomme

Un sapin que j’ai connu vert

Est devenu gris comme l’homme

Avec l’hiver

Un après-midi dans la dune

Pour les berris de l’an dernier

Suis revenu au clair de lune

Pour m’ennuyer

Juste en bas de la Butte-aux-Fraises

J’ai retrouvé le foin d’odeur

Perdu l’ivresse et le malaise

Du chapardeur

Gilles Vigneault

 

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